1. Quel est le rôle d’un psychologue, neuropsychologue en EHPAD ?

Objectif

Le psychologue-neuropsychologue a pour rôle principal de prendre en charge les personnes âgées, donc les résidents. Et comme je le dis souvent, j’ai une sorte de double axe de prise en charge.

Tout d’abord, d’un point de vue cognitif,  concernant les personnes qui présentent :

  • Des troubles cognitifs,
  • Des difficultés de la mémoire, de la concentration, de la parole, ou de tout le répertoire cognitif.

Des prises en charge aussi du côté psychologique, concernant :

  • Les troubles de l’humeur,
  • Les troubles anxieux voire les pathologies psychiatriques.

On pourrait d’ailleurs classer ces deux catégories en deux autres sous-catégories :

  • Les missions d’évaluation et de dépistage. Globalement, toutes ces évaluations sont importantes afin d’aller prouver qu’une personne a des troubles cognitifs, des troubles psychiatriques ou des troubles de l’humeur, etc…

C’est important de comprendre le patient et de lui faire passer des bilans ou des évaluations, pour avoir une idée de là où il en est, que ce soit cognitif ou psychologique, avant de faire une prise en charge.

Missions

Les missions d’un Psychologue-Neuropsychologue sont plutôt diverses et variées.

Au niveau cognitif comme au niveau psychologique, nous avons :

  • Les suivis psycho, réalisés individuellement,
  • Un groupe réminiscence, que j’ai monté et  qui permet de revenir sur des souvenirs affectifs du passé. L’idée étant de prendre un thème ou un sujet et de l’évoquer avec les résidents, ce qui leur permet de revenir sur le passé et ainsi de stimuler leur mémoire,
  • Les mini formations pour les soignants que j’aimerais, à l’avenir, ouvrir aux aidants. Elles pourraient notamment porter sur les troubles du comportement ou la prévention du risque suicidaire,
  • Des ateliers mémoire toutes les semaines., le but étant de stimuler le résident afin de maintenir les capacités cognitives chez des personnes qui ont des troubles légers à modérés.

Pour moi, les missions évoluent depuis quelques années. En effet, j’ai l’impression que le poste de psychologue en EHPAD évolue au fil du temps et je trouve que le groupe LNA Santé l’a bien compris.

2. Comment êtes-vous devenu psychologue, neuropsychologue à la Chézalière ?

Formation/ Parcours

Je suis titulaire d’un master en psychologie du vieillissement obtenu à Angers, durant lequel j’ai réalisé plusieurs stages dans des hôpitaux et en Ehpad, dont un chez LNA Santé au Parc de la Plesse à Avrillé qui s’était très bien déroulé. Ce dernier m’a d’ailleurs permis d’accéder à la Résidence.

En plus de former à la gériatrie, ce master est très axé sur la neuropsychologie. Cette double formation psycho gérontologue et neuropsychologue permet d’obtenir l’ensemble des bases de la gérontologie psychologique.

Etant un éternel étudiant même en étant diplômé et en commençant à travailler j’ai très vite repris d’autres formations :

  • L’hypnose,
  • La psychothérapie EMDR, qui est spécialisé sur la prise en charge des syndromes de stress post-traumatique et qui est reconnue dans le traitement du trouble de stress post traumatique par l’OMS, l’INSERM et la Haute Autorité de la Santé.

TravailLER dans le domaine du grand âge

« Les personnes âgées représentent le public avec qui je me sens  le plus à l’aise ». Cela rejoint un peu mon histoire personnelle. En effet, j’ai été élevé en grande partie par ma grand-mère , ce qui contribue certainement au fait que je me sente aussi bien avec les personnes âgées. C’est aussi un public qui me touche, peut-être par les difficultés qu’ils peuvent rencontrer au quotidien.

Dans mon cas, en tant que psychologue-neuropsychologue, j’ai une vision différente des choses. En effet, quand tu travailles dans le milieu du grand âge, tu ne dois pas avoir d’attentes en te disant que la personne que tu traites va guérir du jour au lendemain ou retrouver toutes ses facultés cognitives.

C’est un travail qui demande du temps et beaucoup d’accompagnement, laisser le temps à la personne âgée.

3. Comment se déroule la prise en charge d’un résident ?

De manière générale, une personne âgée qui arrive à la Résidence La Chézalière réalise déjà les premières évaluations médicales qui sont assurées par les médecins et les infirmiers.

Je vais par la suite aller à sa rencontre pour :

  • Me présenter à elle,
  • M’assurer de son intégration dans la Résidence.

Après l’avoir rencontré brièvement, nous nous revoyons pour une première consultation qui va durer entre 1h à 1h30 qui permet d’approfondir les échanges.

4. Quelles évaluations menez-vous avant de mettre en place un suivi, et quels sont les exercices réalisés ?

L’évaluation neurospychologique

La phase d’entretien clinique 

La phase d’entretien clinique concerne la première consultation qui dure 1h à 1h30.

Cette consultation permet de :

  • Faire la connaissance du résident,
  • Connaître son histoire de vie, son histoire familiale, etc… Ce temps permet d’apprendre à le connaitre un peu plus, et en même temps de commencer mes premières évaluations.

La phase de test 

Ce que j’appelle phase de test, ce sont des test que je fais passer aux résidents d’un point de vue cognitif.

Prenons comme exemples :

  • Le MMSE « Mini-Mental State Examination » ou test de Folstein, est un test d’évaluation des fonctions cognitives et des capacités mnésiques qui permet d’évaluer le niveau global cognitif d’un résident,
  • La MoCA « Montreal Cognitive Assessment » qui fait à peu près la même chose mais en mieux selon moi. Il est encore assez peu utilisé.

La différence qui existe entre le MMSE « Mini-Mental State Examination », et la MoCA « Montreal Cognitive Assessment » réside dans le fait que :

  • Le premier est efficace pour évaluer des personnes qui ont des pathologies style Alzheimer.  Alors que le second, va évaluer des fonctions cognitives plus larges. De mon point de vue, la MoCA a plus d’intérêt mais elle est plus dur à faire passer auprès des résidents, car certaines questions demandent plus de capacités contrairement au MMSE.

Il y a ensuite des tests que je leur fais passer tous les six (6) ou neufs (9) mois, car le MMSE « Mini-Mental State Examination » ne suffit pas à lui seul en général.

Comme exemples de tests, nous avons :

  • Les 5 mots de Dubois qui sont utilisés pour évaluer la mémoire,
  • Le RL-RI  16 qui permet d’approfondir le fonctionnement de la mémoire
  • La BREF ou le GREFEX qui permettent d’évaluer les fonctions exécutives/frontales des résidents
  • Le NPI-ES afin d’évaluer les troubles du comportement  et Le MADRS, Cornell, GDS qui permettent eux d’évaluer les troubles de l’humeur.

A savoir qu’il y a plusieurs tests que je fais réaliser aux résidents en fonction de mon appréciation après le test MMSE. Toutefois, il n’est pas utile de trop creuser à ce stade, le but n’étant pas d’aller embêter le résident en lui faisant passer une multitude de tests mais de voir au contraire de quelle manière je vais pouvoir l’accompagner.

L’atélier mémoire 

Une fois par semaine, je réalise également des ateliers mémoire en groupe de cinq (5) ou six (6) résidents. Ce sont des temps d’échange où les résidents prennent la parole, de manière à entretenir leurs facultés cognitives.

Je leur fixe des objectifs de séance, mais l’atelier permet aussi de :

  • Partager des moments entre eux,
  • Créer du lien,
  • Sortir de l’atelier avec le sourire et en ayant appris quelque chose.

Je suis super content de mon groupe actuel de résidents. Même quand ils sont en échec sur des exercices, je dédramatise la situation et j’ai remarqué qu’entre eux, ils sont devenus très bienveillants les uns avec les autres. Des fois je sors d’atelier avec eux je les vois tous souriants, ils ont communiqué entre eux, donc je suis satisfait. 

5. Lélio Pottier : un homme à la double casquette !

Psychologue-neuropsychologue de formation, je pourrais distinguer les deux fonctions de la manière suivante :

  • Les psychologues s’occupent plus de la sphère psychique,
  • les neuropsychologues, eux, sont plutôt tournés vers l’aspect cognitif.

Néanmoins, il est quand-même rare de voir un psychologue qui ne fait pas de la neuropsychologie.

D’un accompagnement considérable pour les résidents, le neuropsychologue analyse leurs compétences cognitives, comportementales et émotionnelles.